Une fin programmée


Numéro 168
Décembre 2013

8,00

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Pour le 1er janvier 2013, La Poste annonce une nouvelle et forte augmentation sur l’ensemble de ses tarifs, ainsi la lettre d’un poids de 50 grammes passera de 1 à 1,05 €, celle de 100 grammes de 1,45 à 1,55 €. Ce qui représentera, si nous ne pouvons plus bénéficier du tarif presse, un affranchissement de 6,20 € par abonné et par an.

Où se trouvent les remèdes ?
Cinq possibilités s’offrent à un responsable de revue :

– 1 : augmenter le prix de l’abonnement
Le montant de la cotisation reste inchangé depuis bientôt 10 ans, et il est difficilement envisageable d’augmenter les tarifs en pleine période de crise. Cela n’aurait pour conséquence que de perdre des abonnés surtout parmi les moins fortunés.

– 2 : faire appel à la publicité payante
Nous nous sommes toujours refusés à faire appel à la publicité – la plupart du temps trompeuse ou mensongère – Comment accepter une offre de la Banque postale ou d’une centrale nucléaire quand on sait que les poètes condamnent le dieu argent ou le diable apocalyptique ?

– 3 : mendier des subsides auprès des pouvoirs publics ?
Le Ministère de la Culture, les Centres régionaux des lettres, les offices et les officines culturelles départementales ou régionales (type l’Agence Écla en Aquitaine) financent avec les deniers des citoyens-contribuables, des revues luxueuses et élitistes. Pour bénéficier de ces aides, il faut évidemment montrer patte blanche et avoir un protecteur politique pour faire aboutir le dossier. Attention, le jeu est compliqué, il ne suffit pas de posséder la bonne carte dans le bon parti, il faut également s’insérer dans la bonne tendance ou dans le bon courant. Si vous ne bénéficiez pas d’un appui votre dossier vous reviendra avec la mention naïve, traditionnelle et typique « malgré l’intérêt de votre demande, la commission n’a pas la possibilité… gna, gna, gna… ».
La plupart du temps votre dossier individuel ne recevra même pas une réponse et en cas de réclamation, cette dernière ira directement… dans la poubelle de l’histoire.

– 4 : passer au numérique, publier La Revue sur Internet, de façon à éviter les frais postaux
Une possibilité que des revues comme Europésie, Les Amis du lac d’Hossegor, Glyphes ont déjà adoptée. Mais là encore, on se retrouve face à certaines contraintes.
Tous les poètes ne disposent pas d’un ordinateur et d’un abonnement à Internet. Certains n’apprécient que la lecture sur un support papier et refusent systématiquement ce mode virtuel de diffusion. Cette mise en ligne d’une revue sur internet ne peut être que complémentaire à une revue remise par le facteur et qui sera dégustée page par page au gré des disponibilités du lecteur. Voir son poème imprimé sur la page blanche représente une garantie de lecture, un réconfort pour son créateur.
L’affluence d’informations sur la toile internet occulte le poème à peine éclos.
Solution mitigée à ne pas négliger pour autant.

– 5 : se saborder
Si on dressait un monument aux morts aux revues disparues depuis l’an 2000, il faudrait faire appel à une entreprise gigantesque. Plus de 1.000 titres englobant les revues associatives ont disparu pour des raisons diverses mais principalement liées au mode de diffusion par La Poste.
La Revue des Dossiers d’Aquitaine dispose d’une autorisation de publication jusqu’à fin 2013, aussi nous assurerons au même prix d’abonnement les services pour un an. Après ?