Quand s’en va l’an passé


Numéro 176
Décembre 2014

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Tous les poètes se rassemblent, chantent et dansent pour fêter Noël et le Premier de l’an. Avec ces premiers  mots pourrait naître une chanson, un conte, un roman voire un opéra. Et la fin de l’histoire serait joyeuse, fleurerait bon le pain de l’amitié, le miel de l’espérance et le lait des réconciliations.

Las ! Il en est autrement et la hotte du Père Noël de l’an présent à l’an futur, ne transportera que des jouets guerriers, des jeux vidéos  de violences et de massacres afin que le sang qui éclaboussera les sables des déserts, les pavés des grandes villes apparaisse comme une boisson ordinaire et fortifiante pour des enfants-soldats qui, de croisades en croisades, viendront par paquets agonir au fin fond des favelas ou dans les quartiers bombardés et désintégrés des cités orientales.

Et en France, où est le Sauveur, où se cache-t-il ?

Certainement pas parmi la demi-douzaine de ministres corrompus d’un Président normal qui, un casque de scooter sur la tête, n’entend rien et n’est pas tenu au courant des agissements de ses apôtres socialisants…
Certainement pas parmi les anciens dirigeants qui veulent revenir au pouvoir traînant des charrettes de mises en examen, et dans leurs gesticulations non seulement ne font plus rire mais de plus n’inspirent la moindre pitié …
Certainement pas parmi les opposants de tous poils, les uns voulant trucider tout ce qui n’est pas d’une blanche couleur, les autres couper la tête à qui ne possède pas de naissance une peau mordorée…
Certainement pas parmi les philosophes où les théologiens qui à coups de crèches, de mariages pour tous, de théories du genre et de l’espèce finissent pas oublier la cellule de base de toute société  : l’être humain dans toute sa nudité natale…

Un Président normal n’arrivant pas à inverser la courbe du chômage, va faire appel aux  nouveaux  magnétiseurs de l’économie qui à coups de taxes et de ratataxes finiront bien par tuer non seulement la poule aux œufs d’or mais toute la basse-cour, le coq y compris.

Et pendant ce temps, les jeunes de tout cela s’indifférent, les classes actives travaillent et payent, les anciens voient fondre leurs pensions et se retrouvent à partager la gamelle de la soupe populaire. Par contre, les dirigeants, mènent train de sénateurs, oublient de remplir leurs feuilles d’impôts. Pas de travail disent-ils et pourtant jamais autant de grands travaux inutiles, des barrages aux lignes de chemins de fer à grande vitesse en passant par les aéroports superflus n’ont autant en si grand nombre étaient programmés pour le soi-disant bien-être du peuple (?).

Pour Noël et le Premier de l’an tous les poètes se rassemblent, chantent et dansent.
Gloria, in excelsis Deo, Gloire à l’enfant qui vient de naître dans une étable de Nazareth.
Là-bas où des voitures piégées explosent au nez des passants et des pèlerins.

Tous les poètes se rassemblent, chantent et dansent pour fêter Noël et le Premier de l’an… Parmi eux, un dénommé Jésus, apatride, n’ayant plus de parents et réclamant seulement un sourire.

L’un d’entre nous lui offrit une carte de France avec le découpage des nouvelles régions. Jésus regarda ce beau pays réputé pour sa Liberté, son Égalité, sa Fraternité… Jésus, médita longuement sur la carte nouvelle, tourna la tête et se mit à pleurer.
Au clocher du village retentirent les douze coups de la messe de minuit…
                                                     

                                                                                         André Desforges