La Poésie


Numéro 181
Mars 2016

8,00

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Édito

La revue « Le Coin de Table » sous la direction de Jacques Charpentreau, dans sa production de janvier 2016,  tente de résoudre cette mystérieuse et indéfinissable énigme : la Poésie ? À quoi ça rime ? « Larima à quoi, larima à rien » aurait répondu Prévert.
Aux Dossiers d’Aquitaine, depuis bientôt 40 ans, nous donnons, à travers nos revues, nos anthologies, nos rencontres culturelles, la possibilité à chacun de s’exprimer qu’il soit inconnu, reconnu ou méconnu, laissant le soin aux lecteurs de faire leur propre jugement.
À force de lire des poèmes de toutes formes, de tous genres, nous pourrions à notre tour donner une définition de la poésie et établir une hiérarchie entre les bons et les mauvais poètes.
Que nenni ! Aucun barème ne peut servir de repère, aucun jugement ne peut s’appliquer. « Vérité en deçà, erreur en delà », comme aurait proclamé Montaigne ! Nous sommes de ce royaume où le bon sens l’emporte sur le superflu et l’authentique sur la suffisance.
Quel régal de lire ce « Coin de table » où nous retrouvons nos amis classiques comme Robert Paron ou nos poètes engagés pour la paix dans le monde comme Josette Frigiotti. Depuis Pierre Seghers  et sa populaire collection des Poètes d’aujourd’hui (création en 1944) où est passée la poésie ? Certains universitaires en mal de notoriété annonce la mort définitive de la poésie au profit de performances, d’élucubrations à faire vomir un crapaud dans son cloaque. Cuistres, pédants, ils glosent dans des colloques abscons et s’autocongratulent publiquement pour mieux s’entre- poignarder dès que le public à le dos tourné. Cela ne serait pas grave, de tous temps le ridicule a sévi sans jamais tuer personne, si ces mêmes adulateurs n’étaient, en vérité, des chasseurs de primes flattant le politique pour récupérer un maximum de subsides.
On retrouve ces camelots du temple dans les marchés de la poésie, dans des cercles littéraires, où ils s’exposent eux-mêmes et s’octroient des récompenses que l’État a généreusement abondé, sans oublier de temps en temps de se faire offrir une médaille, un diplôme et autre breloque.
À la fin du XXe siècle, on pouvait recenser plus de 500 revues de poésie, il n’en reste aujourd’hui qu’une poignée, la plupart ultra-subventionnées et au service de ministres de l’a-culture confondant « Le printemps des poètes » avec la cavalcade carnavalesque d’un village montagnard.  A.D.