L’actualité revisitée


Numéro 183
Septembre 2016

8,00

Catégorie :

Aragon, Aron, Balzac, Bataille, Barbusse, Beaumarchais, Beauvoir, Bernanos, Boileau, Bossuet, Camus, Cendrars, Césaire, Chateaubriand,  Chénier, Chrétien de Troyes, Claudel, Cocteau, Colette, Corneille, Couté, d’Aubigné, Daudet, de Gouges, de Sévigné, de Staël, Desnos, Diderot, Domenach, Dorgelès, Druon, Druon, Dumas père et fils, Duras, Éluard, Fénelon, Flaubert, Gautier, Gide, Giono, Giraudoux, Hallier, Hugo, Koestler, Ionesco, La Boétie, La Fontaine, La Rochefoucauld, Lamartine, Lamennais, Léautaud, Loti, Malraux, Malherbe, Marx, Maupassant, Merleau-Ponty, Michelet, Mistral, Molière, Montaigne, Montesquieu, Mounier, Musset, Racine, Renan, Rousseau, Saint-Simon, Pascal, Péguy, Prévert, Rabelais, Raspail, Richepin, Rivarol, Robbe-Grillet, Rolland, Ronsard, Rostand, Rousseau, Sand, Sartre, Stendhal, Tocqueville, Valéry, Vallès, Vercors, Vian, Vigny, Villon, Voltaire, Weil, Yourcenar,  Zola, quelques-uns des poètes, écrivains, philosophes engagés dans la vie politique de leur siècle.

Tous, de près ou de loin, se sont immiscés dans les affaires de l’État, dénonçant les excès, pourfendant les fauteurs de troubles, condamnant les appels aux meurtres. Si parfois ils appelaient à la révolte, à l’insoumission, jamais ils ne se sont faits les apôtres du crime, que l’on nomme vulgairement la guerre. Que sont devenus nos intellectuels, nos pamphlétaires ? Ils dorment ou pantouflent dans  des agences régionales ou des ministères dits de la culture et s’inventent des missions pour lutter contre les inégalités, pour favoriser la diversité ou encore, dernière nouveauté, transcender le « Vivre ensemble »… À la tête de l’État, c’est à qui sera le plus filou, pardon le plus dégourdi, pour vendre (et sous n’importe quelles conditions !) tout ce que notre industrie peut produire d’armes tueuses.

Le pays qui inventa les Droits de l’homme aujourd’hui base son économie sur l’exportation de produits mortellement finis. Un jour viendra… où tous ces joujoux nous retomberons sur la tête, mais ça, c’est de la science-fiction à deux sous, du polar pour lecteurs n’ayant « pas la chance d’avoir fait des études ».

Et pendant ce temps-là… nos avions de combat aux côtés de ceux des Russes, des Américains déversent sur des populations irakiennes et syriennes où personne ne sait plus, tant les alliances se font et se défont, où sont les bons des méchants. Mais, l’Irak, mot qui signifie « le pays entre deux fleuves (Le Tigre et l’Euphrate) », l’ancienne Mésopotamie, berceau des civilisations du monde, est devenu aujourd’hui un vaste terrain d’entraînement où l’on peut expérimenter les armes nouvelles et pourquoi pas à base de gaz mortels.

Et pendant ce temps-là… les bombardés, les suppliciés, les victimes civiles meurent en silence ou fuient leur pays bien secondés par des passeurs sans foi ni loi. En France, voici venu le temps de la campagne présidentielle et les politiques comme les intellos des temps modernes, ronronnent toujours les mêmes litanies apaisantes, avec promesses de bonheur, si vous leur offrez votre bulletin de vote.

P’tits poètes, lequel d’entre-vous est capable de donner le nom d’un intellectuel influent ou d’un politicien de haut rang dénonçant les guerres surtout lorsqu’elles sont faites au nom d’un dieu inventé ou d’un prophète auto-proclamé, comme il en existe dans toutes les croyances et religions.
Il y aurait, soi-disant, des guerres propres et des religieux tolérants, n’empêche comme n’a cessé de le répéter Louis Lecoin « S’il m’était prouvé qu’en faisant la guerre, mon idéal avait des chances de prendre corps, je dirais quand même non à la guerre . Car on n’élabore pas une société sur des monceaux de cadavres » ni en voilant les femmes ou en égorgeant les enfants.

Il n’y a pas de place pour la haine dans les livres sains des pacifistes.
Il faut croire en l’avenir sinon même le soleil… va émigrer.  A.D.