Hommage au patois


Numéro 165
Janvier 2012

8,00€

Catégorie :

En guise d’édito, un hommage au patois de notre enfance…
Sous la troisième République, parler patois à l’école entraînait punition et bonnet d’âne…
Le dictionnaire de l’Académie française dans sa quatrième édition définit le terme patois par « langage rustique, grossier, comme est celui du paysan, du bas peuple ». L’actuelle neuvième édition mentionne « variété d’un dialecte qui n’est parlée que dans une contrée de faible étendue, le plus souvent rurale ». Lou z’académiciens ignorent que le patois breton et le patois occitan couvrent plus de la moitié de la France. Peuchère ! comme dirait le défunt Cruchade de Bègles « Lou z’académiciens lou sont bêtes coume des couchons » ! Écoutons Gaston Couté, nous parler du patois beauceron !

Le patois de chez nous

Dans mon pays, dès ma naissance
Les premiers mots que j’entendis
Au travers de mon innocence
Semblait venir du paradis.
C’était ma mère, toute heureuse,
Qui me fredonnait à mi-voix
Une simple et vieille berceuse
En Patois

Refrain
Le joli patois de chez nous
Est très doux !
Et mon oreille aime à l’entendre
Mais mon cœur le trouve plus doux
Et plus tendre !

Dans mon pays, au temps des sèves,
À l’âge où d’instant en instant,
L’amour entrevu dans nos rêves
Se précise dans le Printemps.
Cueillant des fleurs que l’avril sème
Un jour, pour la première fois,
Une fille m’a dit : « je t’aime »
En Patois

De mon pays blond et tranquille
Quand je suis parti « dérivé »
Par le vent soufflant vers la Ville,
Mes vieux et ma mie ont pleuré.
Pourtant, jusqu’au train en partance
M’ont accompagné tous les trois
Et m’ont souhaité bonne chance
En Patois…

Loin du pays, dans la tourmente
Hurlante et folle de Paris,
Où ma pauvre âme se lamente
Un bonheur tantôt m’a surpris !
Des paroles fraîches et gaies
Ont apaisé mes noirs émois :
J’ai croisé des gens qui causaient
Mon patois…