Du sang sur les mains, du sang sur la conscience

de Jacques Danois

Numéro 136
Août 2006

8,00€

Catégorie :

Certains s’imaginent qu’ils fabriquent des anges parce qu’ils tuent des enfants sur une terre dite « sainte ».

Certains croient qu’une haine ancestrale les autorise à éteindre les lueurs d’une vie dans Ie regard des petites filles et garçons nés de l’autre côté d’une frontière tracée uniquement par des politiciens et leur soldatesque.

Nul ne porte une véritable attention à la douleur des enfants écrasés sous les bombes. « Tout cela n’est pas nouveau » disent les témoins de ces drames. lls restent insensibles, lâches et peureux bien que leur gouvernement soit signataire de la Déclaration des Droits de l’Enfant.

Certains encore pensent que les bébés et les écoliers étaient tout simplement dans le chemin de leur chère guerre.

Certains aussi vont presque jusqu’à les traiter d’empêcheurs de massacrer en rond.

Certains, enfin, prétendent que tous ces petits et les plus petits des petits ne sont que de la graine de terroristes.

Et pourtant il est probable que la plupart de tous ces « certains » ont eux aussi des enfants, des neveux, des nièces, des petits frères et soeurs à qui ils portent affection, tendresse et protection

Curieux animal que l’être humain qui souvent est imperméable aux sentiments humains ! Sauf à un seul : la Peur.

C’est elle qui leur fait tuer des enfants sous des pluies d’acier et de feux.

C’est cette peur qui nous paralyse nous aussi devant le plus grand des crimes contre l’Humanité : l’assassinat de l’enfance sous quelque forme que ce soit.

C’est cette peur qui nous transforme en grands prêtres de la lâcheté ou pire, de l’indifférence, devant les tueries de populations civiles par des moyens militaires disproportionnés. Les enfants de Cana et leurs familles n’ont eu aucune chance d’échapper à ce massacre, pas plus d’ailleurs que d’autres civils libanais, et quotidiennement depuis des années des milliers de Palestiniens.

C’est cette peur qui nous paralyse lorsque nous voulons crier notre révolte devant les brutalités des forces sionistes. Peur d’avoir l’air antisémite parce que l’on est simplement avide de justice pour tous. Peur de dire que les souffrances atroces et indignes subies par le peuple juif sous la botte allemande de 1939 à 1945 en Occident ne peuvent ni ne doivent en rien provoquer et justifier celles des Palestiniens au Proche-Orient depuis 1948. Déjà à cette époque, les attentats des terroristes sionistes avaient sacrifié de nombreux enfants britanniques innocents de la politique anglaise réticente à la création d’Israël en tant qu’État.

Allons-nous cesser d’avoir peur des mots, allons-nous avoir le courage d’afficher la vérité d’une opinion saine et de dénoncer la complicité mondiale soutenant l’action militaire du Tsahal dans les territoires volés que les Sionistes veulent absorber ?

Oui. Notre couardise devant l’arrogance et les mensonges bibliques de l’extrême-droite sioniste est plus dangereuse que leurs bombes. Elle tue l’enfance dans nos coeurs. Il serait être de mauvaise foi d’affirmer qu’Israël conduit ses combats sans se soucier de la vie des enfants et en les massacrant à l’aveuglette, mais il est évident que les décisions politiques et guerrières de ce pays sont les seules à bénéficier du soutien de la plupart des soi-disant  « démocraties » de ce monde, et là est le véritable crime.

 Jacques Danois

Journaliste Grand Reporter