Quinte flush

de François Brincourt

Date de parution : 12/07/2004
125 pages
Format : 14x20
ISBN : 2-84622-097-2

15,00€

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Comédien, la cinquantaine tranquille, je soupçonne sérieusement Brincourt … ça me rappelle l’école et le lycée où entre copains on s’appelle par son nom …

Je soupçonne donc Brincourt, comme je l’entends souvent appeler dans le métier, d’avoir regardé ses copains vieillir en oubliant de vieillir lui-même. De plus, je le soupçonne d’avoir été, et peut-être encore, un joueur de pocker patenté, familier des « clandés » privés, peut-être repenti suite à de lourdes pertes, en tous les cas avec à son actif de sacrées parties entre copains. Je le soupçonne aussi d’avoir pris pour modèle le comédien Jean-Baptiste qui, lorsqu’il écrivait des rôles sous le nom de Molière, savait de quoi il retournait et écrivait sur mesure pour des acteurs qui étaient aussi ses amis. Je le soupçonne encore … d’aimer les femmes. Ce qui m’amène à le soupçonner … d’avoir bien vécu, pour sur, mais tout en laissant sa vie couler comme une rivière dans son lit, au gré du terrain, enrobant tous les obstacles, sans jamais de heurt, d’avoir donc vécu comme il se doit, avec juste ce qu’il faut d’abandon pour qu’elle vous soit douce, la vie, et qu’elle vous laisse le temps d’apprécier, de regarder, d’écouter. C’est ainsi donc que je le soupçonne d’avoir réuni, puis concocté, mijoté, tous les ingrédients qui étaient nécessaires pour que, sous sa plume, je devienne une jolie comédie, drôle, douce-amère, tendre, cruelle aussi, bref … comme la vie.

Merci Brincourt. Et maintenant, de la feuille de papier qui m’a vu naître, je vais sauter sur la scène de théâtre. J’y vais rejoindre ta quinte de copains, tous ceux qui sont aussi un peu mes pères, – au fait, je soupçonnais bien que je n’étais pas la fille d’un seul homme -, et avec eux je vais passer d’agréables moments de théâtre. On les partagera, et personne ne s’ennuiera, ni ne s’en plaindra. (Confidences recueillies par Jean-Pierre André)