La colonie agricole évangélique pénitentiaire

  • de Sainte-Foy 1842-1925
de Michel Villemiane

Date de parution : 04/08/2014
255 pages
Format : 17x24,5
ISBN : 978-2-84622-256-3

25,00€

Un livre passionnant sur l’histoire de la Colonie pénitentiaire protestante fondée au milieu du XIXe siècle dans une société où l’industrialisation grandissante provoquait une émigration rurale et une concentration dans les centres urbains, amenant le délabrement des familles dont les enfants pauvres en seront les premières victimes. Ils vont s’adonner au vagabondage et à la mendicité pour survivre. L’État conservateur va vouloir se débarasser de cette délinquance juvénile, favorisant l’ouverture d’établissements pour recevoir ces enfants, avec le but de les sortir des villes espérant une diminution de cette délinquance, mais surtout, permettre à la société de retrouver la paix sociale et civile.

Les catholiques venaient d’ouvrir leur colonie à Mettray en 1837, alors la société des Intérêts Généraux du Protestantisme Français à son tour, voulant répondre favorablement au souhait du gouvernement va, en 1842, fonder sa colonie pénitentiaire protestante. L’État avait fait le choix de favoriser la création de colonies privées, donnant des subventions plutôt que d’investir des sommes considérables.

C’est par la notoriété de son collège protestant où des hommes, illustres foyens tels Broca et les Reclus y avaient fait leurs études que l’élite protestante de Paris, M. Monod, Jean André, amènent leurs enfants à étudier à ce collège. Venant à Sainte-Foy, leur attention est retenue par une propriété qui est à vendre, le domaine des Bardoulets à Port-Sainte-Foy. L’acquisition est très rapidement conclue, ainsi est née la colonie pénitentiaire sur la rive droite de la Dordogne. Après un effectif croissant durant des années le déclin va commencer avec l’État qui se désengage de plus en plus voulant reprendre ses prérogatives pénitentiaires et aussi la presse qui se déchaine sur les colonies, les traitant de « Bagnes pour enfants ».

S’inspirant de la colonie de Mettray, la seule oeuvre pénitentiaire protestante a été la colonie agricole de Sainte-Foy. Son premier directeur, le pasteur Martin-Dupont, bien secondé par son épouse à l’asile maternel, vont donner 30 années de leur vie à cette oeuvre moralisatrice de l’enfance abandonnée. Pérennisant l’Oeuvre, après Martin Nathanaël son fils, plusieurs pasteurs se sont succédé à la direction de la colonie, tels les Robin, Rey, Thenaud, Penissou et Marcel Quétin, dernier directeur, qui va assumer la tache de la transformer en 1925, en Institut agricole, dont il prendra la direction jusqu’en 1932, gardant ainsi l’oeuvre dans le giron du protestantisme bien encré dans cette admirable vallée de la Dordogne. Reconnue d’utilité publique en 1863, un inspecteur de la pénitentiaire en 1891 a dit : « Il n’y a qu’une colonie en France qui donne de bons résultats, c’est la colonie agricole de Sainte-Foy. »