LA BAIE DES PARQUEURS




   Ghislaine, lasse de sa vie parisienne, ne cache pas sa joie lorsque son patron, Michel Lepouy, propose de l'emmener avec lui dans sa région natale, sur le Bassin d'Arcachon. L'intérêt qu'il porte à son employée, loin d'être réciproque, permet ainsi à Ghislaine de pouvoir passer l'été à travailler dans une colonie de vacances, au soleil, et surtout de pouvoir découvrir de nouveaux paysages. Paysages dont elle tombe d'ailleurs vite sous le charme, mais pas seulement...

   Un homme attire son attention et sa curiosité : Gilles Lepouy, ostréiculteur et frère de Michel. Qui est cet homme un peu bourru ? Que cache-t-il derrière ce comportement rude ? Des sentiments sincères peuvent-ils exister entre un ostréiculteur et une estivante ? Malgré leurs différences, Ghislaine et Michel vont apprendre à dépasser leurs préjugés, à se connaître... à s'aimer.

   Plus qu'un roman, un hymne au Bassin d'Arcachon et à l'Amour.

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Collection Littérature, 128 pages, 16x24 cm, ISBN : 978-2-84622-185-6
 
Découvrir Yolande Vidal

Poète, romancière, musicienne, elle se consacre à la sauvegarde des mots en péril à travers toutes ses productions.

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Elle réprime un "Ah !" de soulagement quand la lumière se fait dans le compartiment. En face d’elle, Michel Lepouy commence la lecture d’un roman policier. Elle en profite pour le regarder. C’est vrai qu’il est séduisant. Dans la rue, elle ne l’aurait peut-être pas remarqué mais elle s’avoue que, dans le magasin, elle lui trouvait un certain charme, tout comme ses copines de travail d’ailleurs ! Michel, conscient de cet examen, lève la tête :
- Quelque chose ne va pas, Ghislaine ?
-Tout va bien, M… euh, Michel ! Et je vous en remercie !
- Vous verrez, mon pays d’enfance est merveilleux !
Ghislaine a envie de lui demander : "Pourquoi l’avez-vous quitté alors ?" Mais elle craint de mettre le doigt sur une plaie vive. À Gujan-Mestras, peut-être saura-t-elle pourquoi ce Girondin était monté à Paris.

Quel dommage de voyager ainsi de nuit ! Traverser la France presque en diagonale et ne rien en voir ! Debout dans le couloir, Ghislaine aurait pu, bien sûr, apercevoir un fleuve pailleté de lune, une ville que la chaleur tenait éveillée, un pont illuminé…
Mais pour qui n’est pas blasé, il y a toujours quelque chose ou quelqu’un à regarder, même dans un compartiment de chemin de fer. Dans celui-ci : un voyageur de commerce qui annote ses fiches, une jeune espagnole et un couple, lui très beau, elle, pas jolie mais, le sachant sans doute, elle adresse à son mari des sourires lumineux.
Peu à peu, on cesse de lire et d’écrire. La dame s’endort sur l’épaule de son époux qui lui caressait les cheveux. L’espagnole rejoint une compatriote dans le couloir. Et le représentant remet ses fiches dans son bagage.
- Vous permettez ? demande-t-il à la ronde.
En habitué des rapides de nuit, il tire les rideaux, règle la ventilation et met la lumière en veilleuse.

Ghislaine et Michel occupent les deux coins-fenêtres. Comme la jeune fille cherche en vain une bonne position de sommeil, Michel la fait s’allonger sur les trois places disponibles à côté de lui. Et il lui couvre les jambes avec son blazer. Ghislaine lui chuchote un merci chaleureux, et ferme les yeux, vite emportée par le roulis du train, en attendant celui de la mer !

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