Peu de gens connaissent Ludovic Trarieux, et pourtant... Avocat, il se lance dans la politique et gravit peu à peu les échelons avant de devenir ministre de la Justice et vice-président du Conseil. Comment cet homme qui avait deux passions, la Justice et la Liberté, a-t-il été, selon son propos, "engrené... malgré lui" dans ce que l’on appellera plus tard "l’affaire Dreyfus" ?
Garde des Sceaux peu après la condamnation du capitaine Dreyfus, Ludovic Trarieux, persuadé comme beaucoup de sa culpabilité mais rigoureux dans sa réflexion et son jugement, se bat pour connaître et rétablir la vérité. D’autres autour de lui le confortent dans son intime conviction : "un innocent a été condamné".
Suite à cette "affaire", Ludovic Trarieux fonde la "Ligue Française pour la Défense des Droits de l’Homme et du Citoyen" : pour lui, "ce n’était pas seulement d’ailleurs la cause isolée d’un homme qui était à défendre, c’était derrière cette cause, le droit, la justice, l’humanité".
Ayant pris goût à la chose politique, Ludovic Trarieux souhaite se rapprocher de Paris où, durant deux années, il noue des liens solides à la Chambre des députés. Il fait partie de deux commissions importantes : l’armée et la justice.
Il s’inscrit au Barreau de Paris pour y poursuivre une carrière judiciaire bien amorcée. Le 6 décembre 1881, il écrit dans ce sens au bâtonnier du Barreau de Bordeaux, maître Étienne-Henri Brochon. Le 11 décembre, Trarieux adresse à son ami et confrère, qu’il a côtoyé dans les couloirs du Palais de Justice, une seconde lettre personnelle expliquant les raisons de son départ vers Paris.
Ludovic s’installe à Paris avec sa famille près du parc Monceau, au n°4 de la rue Logelbach. Il plaide au palais dans des affaires retentissantes, notamment en 1882 au procès de l’Union Générale.
Le krach boursier de 1882 après la faillite de l'Union Générale ruine des dizaines de petits épargnants attirés par le profit que promettait Eugène Bontoux, son fondateur. Il a su capter la confiance des milieux catholiques, de ceux qui ne voulaient pas placer leurs économies dans des comptoirs protestants ou juifs.